AMB
Monday 26 August 2019

SA.313B/C Alouette II

Alouette II

Lorsqu'elle quitte le giron de la Force Aérienne le 1er avril 1954, l'Aviation légère de la Force Terrestre ne dispose que d'appareils à voilure fixe. Il s'agit principalement de Piper L18C, répartis au sein des 15e et 16e escadrilles d'Aviation légère, stationnées sur la base de Bützweilerhof, en République fédérale d'Allemagne.

Deux ans plus tard, celles-ci sont rejointes par deux autres escadrilles, les 17e et 18e, basées respectivement à Werl et à Merzbrück, en RFA également. A cette époque, la technologie de l'hélicoptère a déjà fait d'importants progrès et l'idée de remplacer les Piper par des hélicoptères légers multirôles fait son chemin à l'état-major de la Force Terrestre.

Alouette II - Artouste Alouette II - Artouste Alouette II - Artouste

Le choix des autorités se porte sur l'Alouette II, un appareil français équipé d'une turbine Artouste. Les trois premiers appareils (immatriculés A01 à A03) se posent sur la plaine de manœuvre d'Etterbeek, en région bruxelloise, le 26 octobre 1959. Ils sont affectés à la 16e escadrille. En 1960 et 1961, trois autres commandes sont passées à l'avionneur français. En tout, 39 machines (A01 à A39) sont versées dans les quatre escadrilles en vue de remplacer les Piper.

A cette époque, les événements se précipitent en Afrique. Entre juillet 1960 et juillet 1962, sept Alouette et six Piper assurent des missions d'appui pour les Force métropolitaines. Les équipages, dont certains sortent à peine de leur formation, effectuent 6800 heures de vol dans des conditions souvent difficiles. Trois appareils sont perdus au cours de ce déploiement où l'Alouette montre néanmoins toute sa polyvalence. Les tropiques ne sont d'ailleurs pas le seul terrain de jeu des Alouette. Entre 1964 et 1967, deux machines sont successivement mises à la disposition des expéditions scientifiques belges en Antarctique. Ici aussi, la machine fait preuve d'une robustesse sans faille dans un environnement extrême.

Alouette II - Astazou Alouette II - Astazou Alouette II - Astazou

Fin 1967, quarante-deux Alouette de type SA.318C (immatriculées A40 à A81), équipées d'une turbine Astazou plus puissante, sont commandées. Les machines A47 à A77 sont assemblées à la SABCA. Les missions se succèdent dans les escadrilles. Les hélicoptères reçoivent de nouvelles capacités, notamment en matière d'évacuation médicale (MEDEVAC). L'Alouette peut ainsi soit embarquer un seul brancard dans son habitacle ou deux, fixés au-dessus des patins d'atterrissage.

Alouette II - Astazou Alouette II - Astazou Alouette II - Astazou

Parmi les opérations menées par l'ALFT, les détachements effectués en Afrique témoignent une fois encore de la diversité de tâches qu'est apte à remplir l'Alouette. De mai à juillet 1978, l'A41 prend part à l'Opération Red Bean, au Shaba, en appui des troupes belges. Dix ans plus tard, c'est au Maroc, confronté à une invasion de sauterelle, que deux Alouette participent à la campagne d'extermination des insectes. En 1992, deux Alouette sont déployées à Kismayo, en Somalie, dans le cadre de l'opération Restore Hope. Les machines sont peintes en blanc, dotées d'un blindage léger et emportent un affût de mitrailleuse pour assurer leur protection. En 1994, Restore Hope cède la place à la mission humanitaire UNOSOM. Les Nations Unies font d'ailleurs également appel aux hélicoptères de l'ALFT pour effectuer des missions de liaison et d'évacuation au Rwanda (opération MINUAR).

 Alouette II - Astazou Alouette II - Astazou Alouette II - Astazou

L'arrivée progressive des A109BA, à partir de 1992, entraîne le retrait du service des Alouette Artouste. Les Astazou sont, quant à elle, réparties au sein de l'Ecole d'Aviation légère de Brasschaat, qui assure les missions d'écolage, et du 16e bataillon d'Hélicoptères de Liaison.

Rentrées en Belgique comme toutes les autres machines de l'ALFT stationnées en Allemagne, les Alouette continueront d'assurer leurs missions jusqu'au 9 septembre 2009, date du vol d'adieu des trois dernières machines encore en état de vol. En près d'un demi-siècle de bons et loyaux service, elles auront notamment formé pas moins de 501 pilotes...

Caractéristiques techniques SA.313B (SA.318C)
Type Hélicoptère léger multirôle
Equipage  2
Nombre de places  5
Longueur  9,70 m
Hauteur 2,75 m
Largeur 2,38 m
Diamètre du rotor principal 10,20 m
Moteur
1 x Turbomeca Artouste II0B1 ou C6 de 400 cv

ou 1 x Turbomeca Astazou IIA de 630 cv (1)
Masse à vide  970 kg
Masse maximale 1600 kg ou 1650 kg (1)
Vitesse de croisière 160 km/h
Plafond opérationnel 2900 m ou 4500 m (1)
Rayon d'action 565 km ou 680 km (1)

 (1)  données relatives à l'Alouette II SA.318C


Texte : Vincent Pécriaux
Photos : Vincent Pécriaux, Daniel De Wispelaere