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vendredi 24 mars 2017

ATCC de Semmerzake

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L'ATCC de Semmerzake, près de Gand, règle le trafic aérien militaire au-dessus de la Belgique, du Luxembourg et d'une partie des Pays-Bas, de la Mer du Nord et du Royaume-Uni. Il s'agit d'une tâche essentielle pour garantir la sécurité de tous les appareils qui évoluent dans l'espace aérien de plus en plus engorgé de l'Europe occidentale en général et de la Belgique en particulier.

Organisation

L'ATCC se compose de trois escadrilles:

  • L'Escadrille Air Traffic Control assure entre autres les missions suivantes:
    • contrôle du trafic aérien au-dessus de 4.500 pieds;
    • contrôle du trafic aérien dans les espaces aériens réservés au-dessus de 4.500 pieds;
    • information aux aéronefs qui en font la demande;
    • contrôle dans le cadre d'essais en vol;
    • assistance aux appareils en détresse;
    • coordination SAR en Belgique et au Luxembourg;
    • coordination avec d'autres ATCC;
    • gestion de l'espace aérien belge;
    • information aux équipages (NOTAM);
    • observation des migrations d'oiseaux et information (BIRDTAM).
  • L'Escadrille Maintenance est responsable du maintien opérationnel des moyens de communication, du radar, du système ATC et du soutien logistique. Elle comprend deux flights:
    • Le Flight Communications and Information Systems assure la maintenance des moyens de communication radio;
    • Le Flight Electronique garantit le bon fonctionnement du radar Marconi S 723.
  • L'Escadrille Défense et Support est constituée de deux flights:
    • Le Flight Défense prend notamment en charge la défense et la sécurité des installations et la formation NBC;
    • Le Flight Support comprend les sections Infrastructure, Services généraux et Personnel.

Enfin, l'unité dispose également d'un détachement médical.

Historique

Les origines de l'actuel ATCC sur le site de Semmerzake remontent au début des années 50. La Force Aérienne dispose à cette époque de deux stations radar, appelées GCI n° 1 et 2, implantées respectivement à Coxyde et Beauvechain. Ces stations font partie du Service du Contrôle Aérien et dépendent du Centre Avia d'Evère.

En 1951, la Force Aérienne décide d'améliorer sa couverture radar au-dessus de la Belgique et prospecte plusieurs terrains dont un situé sur la commune de Gavere, dans la région gantoise. Dès le 15 juin, le convoi radar et le matériel arrivent sur place. Les conditions de vie sont des plus précaires pour le personnel qui pendant 16 mois devra vivre sous la tente sans eau courante ni électricité. Les travaux de construction du bunker commenceront au printemps 1952 pour se poursuivre jusqu'en 1955.

Le matériel radar déployé à Semmerzake est d'origine anglaise. Il se compose principalement de trois radars montés sur camions. Le radar principal est le Type 15. Constitué d'une antenne, d'un émetteur et d'un système de réception, il détermine la distance. Les autres coordonnées (azimut et altitude) sont fournies par deux autres radars de types 14 et 13. La portée du dispositif n'excède pas les 150 kilomètres.

A cette époque, le détachement de Semmerzake possède également une section à Lombardsijde, désignée RPC (Reporting Post Coastal).

En novembre 1952, La Force Aérienne fait l'acquisition du Château Grenier à Gavere qui abritera désormais le personnel, l'infrastructure administrative et une partie du matériel de l'unité. Des bâtiments préfabriqués, appelés Blocs H, sont rapidement installés.

En 1954, le GCI n°1 devient une unité indépendante et prend la dénomination de Control and Reporting Center 1 (CRC 1). Le bunker est déclaré opérationnel le 1er mars 1956.

Le début des années 60 est marqué par le remplacement du matériel par de nouveaux radars américains de type FPS-33 et FPS-6 plus puissants (portée 300 km et altitude 20.000 m).

En 1962, le CRC 1 prend la dénomination de Control and Reporting Post (CRP).

1963 constitue un tournant décisif dans l'histoire de Semmerzake puisque cette année-là est mis en place un dispositif de contrôle du trafic aérien destiné à éviter les interférences entre trafics militaire et civil. Dans ce cadre, la station est renommée Traffic Coordination Cell en 1965 et travaille en coopération avec une cellule civile qui, à partir de 1973, sera remplacée par Eurocontrol. La TCC conserve néanmoins son statut de Reporting Post dans la chaîne de défense aérienne belge.

Deux ans plus tard, l'Etat-Major décide d'automatiser la TCC et lance le programme SEROS (Semmerzake Radar Operating System), lequel sera opérationnel à partir d'octobre 1973.

A partir d'avril 1980, la TCC, qui a entre-temps pris la dénomination de Traffic Control Center/Semmerzake, fait l'acquisition d'un nouveau radar, le General Electric GE 592-3D. Ce radar tridimensionnel, capable de distinguer les aéronefs civils des militaires, a une portée de 270 kilomètres et détecte les avions jusqu'à une altitude de 8.000 mètres. Il a aujourd'hui été remplacé par un autre radar tridimensionnel encore plus performant, le Marconi S 723 (portée de près de 450 kilomètres et altitude de plus ou moins 61 kilomètres).

Radar Marconi S 723

Radar GE 592-3D

 

SEROS II

Depuis 1993, la Force Aérienne met au point avec la firme THALES un nouveau système de contrôle du trafic aérien. De nouveaux bâtiments ont été construits et remplacent l’ancien bunker. Les contrôleurs aériens disposent d'une salle ultramoderne où tout a été mis en œuvre pour leur assurer un confort de travail optimal : sièges ergonomiques, consoles réglables en fonction de la taille de l'opérateur, écrans d'ordinateur de 28 pouces, système de communication performant, éclairage individuel modulable, …

SEROS II, qui remplace le système SEROS I, est opérationnel depuis octobre 2003 et doit permettre à la Composante Aérienne d'être à la pointe de la technologie en matière de contrôle du trafic aérien civil et militaire. Le système assure la gestion de l’ensemble de l’espace aérien belge grâce à un réseau de dix radars militaires et civils dont il reçoit les informations. Il est également informé automatiquement de l’évolution des conditions météorologiques et des plans de vol civils et militaires déposés. Enfin, les moyens de communication modernes qu’il utilise garantissent la rapidité de transmission de l’information, améliorant ainsi la sécurité aérienne.


Texte : Vincent Pécriaux
Photos : Daniel De Wispelaere et Vincent Pécriaux
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