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Saturday 21 September 2019

Visite au Wing Heli

Visite au Wing Heli

Notre première visite au Wing Heli en 2008 avait suscité chez nous beaucoup d'intérêt et de curiosité et nous nous étions promis de revenir faire un tour dans le petit monde si particulier des hélicoptères. Nous n'imaginions pas que le plan de restructuration des forces armées – qui entraînera le départ du Wing Heli vers Beauvechain cet été – allait précipiter notre retour à Bierset.

Lors de notre visite, le 10 juin, plusieurs exercices internationaux étaient en cours à l'étranger. Les hélicoptères n'étaient donc pas très nombreux sur les parkings de la base et beaucoup étaient entre les mains des mécanos.

Maintenance des A109

Maintenance des A109

Maintenance des A109

La maintenance des A109 est assurée par le 255 Maintenance Group, constitué principalement d'une section Inspection qui s'occupe des entretiens planifiés 600 et 2400 heures et d'une section Intervention qui prend en charge les pannes et les opérations non planifiées ainsi que les inspections 100 et 300 heures. Une inspection 300 heures immobilise une machine pendant environ un mois mais cette période peut passer à deux ou trois mois pour une inspection 600 heures ou à quatre ou cinq mois pour une inspection 2400 heures.

Maintenance des A109

Maintenance des A109

Maintenance des A109

La maintenance dispose également d'un atelier de peinture, d'une forge et d'une tôlerie. Pour tout ce qui a trait aux matériaux composites, il est fait appel à l'Ecole de Saffraanberg qui dispose du matériel nécessaire.

Maintenance des A109

Maintenance des A109

Maintenance des A109

La dotation annuelle en heures de vol du Wing Heli est actuellement de 5000 heures. L'unité compte environ 70 pilotes à différents stades de formation. Les pilotes opérationnels effectuent à peu près 150 heures de vol par an. Depuis le retrait du service des Alouette II, le Wing Heli ne compte plus que des A109 qui se déclinent en quatre versions : liaison, reconnaissance, lutte anti-char et évacuation médicale. Le parc actuel compte 27 machines.

Ligne A109

A109 en vol

Ligne A109

Etape suivante de notre tour des installations, la section anti-feu. Le principal véhicule d'intervention des "fire fighters" de Bierset est le Sides. Plus petit que les camions de type Faun que l'on trouve sur les autres bases de la Composante Air, il est aussi mieux adapté aux interventions sur hélicoptère.

Le véhicule d'intervention Sides

Le véhicule de commandement et le véhicule d'intervention Sides

Le véhicule d'intervention Sides

L'équipage d'un véhicule se compose de trois personnes : un chauffeur, un chef d'équipe et un lancier. Le camion est équipé d'un canon à mousse et à poudre, les deux produits pouvant être utilisés séparément ou en combinaison. Sa portée est d'environ 30 mètres.

Le petit coussin de levage

Badge Fire Fighting Wing Heli

La pince de désincarcération

Les soutes du véhicule renferment notamment un dévidoir de 60 mètres, un compresseur, des coussins de levage dont le plus grand peut lever jusqu'à dix tonnes, des réserves d'oxygène et du matériel de désincarcération. Outre ce matériel de lutte anti-incendie classique, la section dispose d'équipements spécifiques pour pouvoir assurer une intervention en milieu chimique.

Le dévidoir de 60m et les divers équipements à l'arrière du véhicule

Le camion Sides, équipements divers coté droit

Les différents raccords pour se connecter aux points d'eau

Comme toujours, le temps passe vite et nous sommes attendus au simulateur de vol. D'une masse totale de quinze tonnes, cette énorme bulle est montée sur d'imposants vérins. L'engin a de quoi impressionner et semble écraser le petit link trainer placé juste à côté de lui et que l'on utilisait dans les années 1970.

Le FlightSim

Le poste de pilotage du FlightSim

Le Linktrainer

Le simulateur est principalement utilisé pour préparer les équipages à réagir face à différentes pannes (près de 500 pannes peuvent être simulées !), à s'entraîner à faire des navigations ou à voler avec les NVG. Chaque pilote effectue annuellement sur la machine quatre modules d'environ quatre heures, en place gauche et droite. Le Wing Heli n'est pas le seul à l'utiliser. Des pilotes des forces spéciales britanniques – qui lors de la guerre des Malouines avaient "prélevé" quelques A109 argentins – y ont notamment pris place.

Le bâtiment qui jouxte le simulateur abrite lui le BA²T² (Belgian Army Aviation Tactical Trainer), un simulateur tactique. Composé de plusieurs stations, il permet aux équipages de préparer des missions et de coordonner leurs actions dans différentes situations tactiques. S'il n'est pas axé sur le pilotage proprement dit, ce n'est pas son but, ce simulateur apporte une inestimable plus-value pour l'entraînement des équipages.

Le SimTac

SimTac - Les consoles

SimTac - Visualisation de nuit

Le SimTac

SimTac - Cible accrochée

SimTac - Coup au but

Après le repas, nous quittons la base pour nous rendre de l'autre côté de la piste et visiter la tour de contrôle de l'aéroport de Liège. Après avoir rempli toutes les formalités en matière de sécurité – et le terme sécurité n'est certainement pas usurpé ici – nous atteignons enfin le sommet de la tour. L'endroit offre un panorama étonnant et une vue unique sur l'aéroport et les installations du Wing Heli.

Vue de la tour - Hangars maintenance

Vue de la tour - Locaux pompiers

Vue de la tour - Hangarettes

La tour a la particularité d'être utilisée tant par la Défense que par Belgocontrol. Pendant une bonne partie de la journée, le contrôle du trafic aérien est assuré par des contrôleurs de la Défense qui cèdent ensuite le relais à leurs collègues civils. Conséquence de cette situation, un accord a dû être conclu entre autorités civiles et militaires pour qu'après le départ du Wing Heli pour Beauvechain, les contrôleurs militaires puissent rester à Liège quelques mois supplémentaires pour assurer la transition en attendant la reprise totale des installations par du personnel civil.

Vue de la tour de contrôle

Vue de la tour de contrôle

Vue de la tour de contrôle

Revenus sur le plancher des vaches, nous ne pouvions quitter Bierset sans passer par le White Bison. On ne peut pas nier que le départ du Wing Heli suscite une certaine inquiétude parmi les membres de la fraternelle des anciens de Bierset. Mais apparemment quelques pistes intéressantes semblent se mettre en place et les collections du musée pourraient bien rester dans leurs murs et même peut-être prendre une extension qui serait bienvenue. C'est tout ce que l'on peut souhaiter à ces bénévoles motivés qui ont particulièrement à cœur de préserver le patrimoine aéronautique liégeois.

White Bison

White Bison

White Bison


Texte : Vincent Pécriaux
Photos : Daniel De Wispelaere et Vincent Pécriaux
Mise en page: Daniel De Wispelaere
Note: Reproduction interdite sans l'accord préalable écrit de leurs auteurs respectifs