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Saturday 21 September 2019

F-84F Thunderstreak

Successeur du Thunderjet, le F-84F Thunderstreak entame sa carrière sous les cocardes belges en 1955. Ce sont pas moins de 180 appareils qui sont cédés par les Etats-Unis à la Force Aérienne selon les termes du MDAP. Ils arrivent en Belgique entre juin 1955 et octobre 1957. Les livraisons s'effectuent par bateau via Rotterdam ou par la voie des airs. Dix-sept exemplaires supplémentaires, d'un modèle plus ancien et provenant des stocks de l'USAF, sont réceptionnés en avril et mai 1958. Ils portent ainsi à 197 le total des appareils fournis à la Belgique.

F-84F Thunderstreak - 3 sqn
F-84F - FU 117
F-84F - FU 55 - UR D

Les F-84F sont destinés à équiper deux wings de trois escadrilles chacun : le 2ème Wing de Florennes (1ère, 2ème et 3ème escadrilles) et le 10ème Wing de Kleine-Brogel (23ème, 27ème et 31ème escadrilles). Sur les deux bases, ils assureront des missions de bombardement conventionel et d'attaque au sol mais également de frappe nucléaire. Les deux premiers avions se posent à Florennes le 17 juin 1955 et sont attribués à la 3ème escadrille. Quelques semaines plus tard, le 30 août, le major Branders et le capitaine Laloux sont les premiers à franchir le mur du son sur des appareils de la Force Aérienne belge. Début 1956, le 2ème Wing est entièrement équipé. C'est au cours de cette même année que les appareils commencent à être revêtus du camouflage OTAN vert et gris. Les codes d'escadrille, peints à l'origine en noir sur l'avant du fuselage, sont à présent appliqués en blanc.

Le 10ème Wing réceptionne ses premières machines en mars 1956. Elles équipent la 27ème escadrille, qui sert d'unité de transformation (OTU) pour tous les pilotes de Thunderstreak. Les 23ème et 31ème escadrilles reçoivent leur dotation en mai et juin respectivement.

A partir de 1960, un QRA nucléaire est mis en place. Les avions d'alerte sont armés d'une charge atomique qu'ils peuvent délivrer sur un objectif prédéfini. Le 17 octobre 1960, la 3ème escadrille est dissoute et ses avions sont répartis dans les autres escadrilles. Elle partage son sort avec la 27ème.

F-84F Thunderstreak - FU 92
F-84F Thunderstreak - FU 156
F-84F Thunderstreak - FU 32

En 1962, les codes d'escadrille disparaissent. Le nez des avions arbore les deux derniers chiffres de l'immatriculation précédés d'un ou de deux zéros ou, pour les appareils à partir du FU-100, le numéro complet.

L'arrivée du F-104G met un terme aux opérations des Thunderstreak de Kleine-Brogel. Le dernier quitte la base limbourgeoise le 6 avril 1966. Tous les avions devenus excédentaires sont envoyés à Coxyde afin d'y être stockés.

En 1967, les appareils encore en service reçoivent un nouveau schéma de camouflage de type 'Vietnam' (deux tons de vert et un ton de brun). Le 2ème Wing est le dernier à mettre en œuvre le Thunderstreak. La 2ème escadrille troquera ses appareils pour de nouveaux Mirage VBA en 1970. La 1ère escadrille, après avoir déménagé à Bierset, continuera à voler sur F-84F jusqu'en mai 1972.

F-84F Thunderstreak - Démo
F-84F Thunderstreak - Leurre
F-84F Thunderstreak

Si la carrière opérationnelle du 'Streak' s'est arrêtée après 17 ans, les F-84F n'ont pourtant pas tous fini sous la torche des ferrailleurs. Certains ont été maquillés en Mirage et ont servi de leurres sur différentes bases de la Force Aérienne. D'autres – paradoxe des paradoxes pour des chasseurs-bombardiers – ont été dispersés sur le champ de tir d'Helchteren et offerts en pâture à leurs successeurs.

Caractéristiques techniques
Type
Chasseur-bombardier à réaction
Longueur
13,19 m
Hauteur
4,41 m ou 4,57 m
Envergure
10,24 m
Moteur
1 Wright J-65-W3 de 3.270 kgp ou J65-W7 de 3.530 kgp
Masse à vide
6.273 kg
Masse maximale
12.474 kg
Vitesse maximale
1.148 km/h (Mach 1.17)
Plafond maximal
13.670 m
Distance franchissable
3.440 km avec bidons largables
Charges extérieures
6 mitrailleuses de 12.7 mm
24 roquettes HVAR de 5 pouces (127 mm)
4 bombes de 1.000 livres (454 kg)
1 bombe nucléaire
charges de Napalm
4 fusées JATO de 1.000 livres de poussée chacune

Texte : Vincent Pécriaux
Photos : via G. Oger, R. Van Bever, Y. P., Daniel De Wispelaere et collection Vincent Pécriaux
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