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vendredi 23 juin 2017

Casque HGU-55/P

Casque HGU-55/P

L'arrivée sur le marché de chasseurs de type F-15, F-16 ou F/A-18 à la fin du 20e siècle a sensiblement modifié la physionomie du combat aérien. Ces appareils à fort potentiel évolutif ont connu au fil des ans d'importantes avancées technologiques. Et si les capteurs sont aujourd'hui omniprésents dans les cockpits, l'équipement des pilotes a lui aussi dû s'adapter pour faire face à de nouveaux défis.

Le casque en est sans doute l'exemple le plus frappant. Ce qui n'était à l'origine qu'une simple coque destinée à protéger le pilote des chocs s'est transformé en une pièce d'équipement de haute technologie, indispensable à l'accomplissement des missions de combat actuelles et vitale à la survie en cas d'éjection.

Casque HGU 55/P Casque HGU 55/P Casque HGU 55/P

Les pilotes de F-16 de la Composante Air sont équipés du casque HGU-55/P développé par la firme américaine Gentex. Disponible en trois tailles et fabriquée en matériau composite, sa coque allie légèreté, solidité et souplesse. L'intérieur est garni d'épaisseurs en silicone qui épousent au mieux la forme de la tête du pilote et de deux écouteurs. Sur la partie arrière droite du casque se trouve la prise des CEP (communications ear plugs) à laquelle se branchent de petites oreillettes supplémentaires qui offrent un meilleur confort d'écoute. Le casque est maintenu en place par une jugulaire et une sangle de nuque. Deux visières de protection, teintée et claire, sont fournies.

Le masque à oxygène est de type MBU-20/P et se compose d'une partie rigide dans laquelle se glisse une partie caoutchoutée. A l'intérieur, un micro relié aux écouteurs par une fiche et deux valves (inhalation et exhalation) qui facilitent la respiration. Le tuyau d'oxygène peut être positionné à gauche ou à droite. L'ensemble est fixé au casque par deux baïonnettes. Sur le côté gauche se trouve un petit cylindre vert, le Warsom. Il contient une pastille qui se dissout au contact de l'eau et libère automatiquement le mécanisme de fixation du masque.

Warsom CEP (communications ear plugs)

La mise au standard M3 du F-16 MLU a entraîné de profondes améliorations technologiques, parmi lesquelles la possibilité de fixer sur le casque un système d'affichage intégré de type JHMCS ou des lunettes de vision nocturne (NVG).

Joint Helmet Mounted Cueing System

Produit par la Rockwell Collins, le JHMCS est fixé sur l'avant du casque et sa mise en place initiale, qui nécessite près de quatre heures, se fait sur mesure. Le projecteur miniaturisé est positionné avec précision, en tenant compte notamment de la position en hauteur des yeux du pilote et de la distance interpupillaire. La visière, dont le côté droit a été spécialement traité pour recevoir l'affichage des données, est elle aussi faite sur mesure. Outre le projecteur, la DU (display unit) comporte deux détecteurs appelés puppers et couplés au système d'armes de l'avion.

Joint Helmet Mounted Cueing System Joint Helmet Mounted Cueing System jmhcs

Le système est relié à l'avion par un cordon attaché au gilet du pilote par une fixation en velcro et par une attache métallique spéciale. La partie du cordon qui est en contact avec cette attache comporte un aimant qui témoigne de la bonne fixation du système.

vp-fixation cordon jhmcs thumb Connexion jhmcs Transmetteur magnétique

Le JHMCS est doté d'un dispositif de poursuite magnétique intégré au casque. Son interaction avec un autre capteur situé dans le cockpit permet de déterminer à tout instant la direction vers laquelle est pointée la tête du pilote. Pour éviter tout double affichage qui pourrait être gênant, le système s'éteint dès que le pilote regarde devant lui, face au head up display, ou dans l'habitacle.

 Badge jhmcs Le sac spécialement conçu pour le jhmcs

L'interface du système est double. En mode air-air, les capteurs de l'avion peuvent signaler au pilote des cibles potentielles mais celui-ci peut également leur indiquer des zones d'intérêts simplement en pointant la tête vers ces zones. Il ne lui reste plus alors qu'à verrouiller les cibles choisies en pressant un bouton sur les commandes de vol. En cas de tir, il peut également suivre et guider le missile, toujours en dirigeant la tête vers la cible. En mode air-sol, le JHMCS est couplé au radar ou à d'autres capteurs embarqués pour permettre une désignation de précision des objectifs. Le pilote peut acquérir une cible qui s'affiche sur sa visière ou peut se servir de l'affichage pour pointer les capteurs vers une cible détectée visuellement.

Le système peut également être utilisé en combinaison avec le Link 16. La liaison de données permet alors de partager les informations entre plusieurs avions.

Night vision goggles

Pour les missions de nuit, les pilotes de F-16 belges disposent de lunettes de vision nocturne (NVG) de type AN/AVS-9, développées par ITT Exellis. Les NVG sont aussi fixées sur l'avant du casque. Alimentées par deux piles au lithium, elles captent la lumière visible et le proche infrarouge et les intensifient électroniquement sur un écran phosphorescent qui renvoie des images sous forme de lumière visible sous une dominante verte.

Le NVG monté sur le casque Le NVG monté sur le casque Le banc-test NVG

Les NVG sont facilement ajustables en hauteur et en largeur par le pilote. Il règle leurs paramètres avant la mission sur un banc test. Le système peut être utilisé dans la plupart des phases de vols. L'absence de vision en trois dimensions en interdit cependant l'usage au décollage et à l'atterrissage. L'utilisation des NVG nécessite une certaine acclimatation puisque le pilote doit apprendre à garder constamment les yeux bien en face des oculaires et à tourner systématiquement la tête vers le point visé.

Le NVG monté sur le casque Fixation NVG Le NVG monté sur le casque

Les cockpits des F-16 MLU sont bien évidemment compatibles avec les NVG. Des feux anticollision, de position et de formation spéciaux ont également été installés sur les avions. Ils émettent en proche infrarouge et leur rayonnement est donc invisible à l'œil nu.

Covert Light Covert Light
 


Photos : Vincent Pécriaux, Daniel De Wispelaere
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