AMB
vendredi 21 septembre 2018

21 juillet 2018, un défilé sous contrôle!
 

En ce début d'après-midi, l'atmosphère est feutrée dans la tour de contrôle. Le contrôleur en charge de l'approche accorde l'autorisation de se poser à un Marchetti qui n'est encore qu'un point et quelques coordonnées affichés sur son écran. Quelques instants plus tard, le ST-41 reprend le contact avec la piste 04 droite. Il est 14 heures 15 dans la tour de contrôle de Beauvechain qui, depuis quelques heures, s'est transformée en l'un des centres névralgiques du défilé aérien de la Fête nationale.

Console ATC (Air Traffic Control) SF-260D - ST-41 en approche de Beauvechain SF-260D - ST-41 à l'atterrissage
 

Ce Marchetti qui se pose à l'issue d'un vol météo de plus d'une heure va déterminer la route qui sera suivie par tous les appareils du dispositif. Comme les conditions sont bonnes, le major aviateur Vandenhende, chef de projet pour le défilé aérien, informe les wing ops des bases concernées que la route nord sera utilisée. Si les conditions avaient été moins favorables, deux autres routes, une plus au nord et une au sud, étaient également planifiées.

Pendant que les derniers briefings se donnent dans les différentes escadrilles, les contrôleurs aériens prennent en charge les rotations d'un Embraer du 15e Wing qui effectue des baptêmes de l'air entre les démonstrations de l'A109 Display team et des Red Devils données au profit des membres du personnel et de leurs proches.

Il est déjà 15 heures et l'on doit s'activer sur les toutes les bases aériennes du pays. Le major Vandenhende est informé par Melsbroek que seul un des trois C-130H prévus survolera la place des Palais. Le ground controller guide pendant ce temps les A109 et le NH90 ainsi que les Marchetti, le Xingu et les Alpha Jet vers les deux pistes de décollage.

SF-260D - ST-40 SF-260M - ST-32 SF-260M - ST-30 et ST-26
Alpha Jet 1B - AT15 Alpha Jet 1B - AT29 Alpha Jet 1B - AT33 - Décoration 100 ans de la SPA 73
 

Les uns après les autres, les appareils gagnent le seuil de piste pour un dernier point fixe avant de prendre l'air. En un peu plus de 20 minutes, tous les aéronefs quittent la CTR de Beauvechain pour rejoindre leurs holding points respectifs. Nouveau coup de téléphone. L'un des F-16 du 2e Wing a subi un birdstrike au décollage et est revenu se poser en urgence. L'incident va légèrement retarder les autres F-16 florennois qui devront adapter leur route et leur timing pour prendre leur place dans le dispositif. Sécurité et souplesse restent ici les maîtres-mots.

Tous les appareils sont à présent gérés par Belga, le centre de trafic aérien de Semmerzake. Les contrôleurs radar de Beauvechain continuent néanmoins de suivre leur progression tandis que leurs collègues suivent les évolutions des Red Devils qui effectuent leur deuxième démonstration de la journée.

Les Red Devils en action! Les Red Devils en action! Les Red Devils en action!
 

Les différentes formations qui participent au défilé se mettent progressivement en place et se dirigent vers Alost avant la dernière ligne droite qui les mènera au-dessus de Bruxelles. Le téléphone du major Vandenhende retentit à nouveau. Les cérémonies protocolaires ont manifestement pris du retard et le défilé doit être retardé de six minutes ! Ce 'rolex', dont l'éventualité est envisagée et préparée, arrive à un moment délicat car les Alpha Jet qui ouvrent le défilé sont quasiment alignés sur la capitale.

Le personnel de la tour de contrôle de Beauvechain Contrôleur aérien concentrée sur la console ATC Dernière ligne droite pour le défilé aérien!
 

Le professionnalisme et l'expérience, tant dans les cockpits que derrière les consoles, permettent de trouver rapidement une solution et à 16 heures 29, les Alpha Jet tirent pour la dernière fois les couleurs nationales devant la tribune royale, précédant de quelques secondes dix F-16 qui dessinent un grand 5 dans le ciel pour marquer les cinq années de règne du roi. Les autres formations défilent ensuite, avec en leur centre le Sea King, qui participe lui aussi cette année à sa dernière parade.

Le son des réacteurs et des turbines s'évanouit rapidement dans les rues bruxelloises. Il est temps pour les appareils de regagner leur base. À Beauvechain, les Alpha Jet lâchent un dernier panache tricolore, ouvrant la voie aux F-16 de Florennes et de Kleine-Brogel et aux avions du 15e Wing.

Retour des Alpha Jet 1B à Beauvechain Panache tricolore au retour des Alpha Jet 1B Survol de la base du C-130H CH-09 après le défilé
ERJ-135 - CE-01 au retour du défilé Falcon 900B au retour du défilé L'Airbus A321 au retour du défilé
 

Un à un, les sept 'Gadget' retrouvent la terre ferme tandis que les Marchetti, qui se trouvaient sur un circuit d'attente au-dessus de Gembloux, survolent à leur tour la base brabançonne. La formation se disloque et les six petits monomoteurs jaunes se posent sur la piste secondaire, qui leur est généralement réservée.

Alpha Jet 1B - AT13 Alpha Jet 1B - AT29 Alpha Jet 1B - AT17
SF-260D (ST-40) et SF-260M (ST-32) SF-260M - ST-12 SF-260D - ST-40
 

Le Xingu d'Avord est le dernier avion à atterrir, quelques minutes avant les hélicoptères qui gratifient le personnel d'un dernier passage en formation. Il est 17 heures 10. Mission accomplie.

A109BA - H28 Embraer EMB-121 Xingu - EAT 319 Retour des A109BA et NH90MTH
 

La der des der

Si l'expression cadre parfaitement avec la célébration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, elle est tout à fait appropriée au dernier défilé des Alpha Jet de la Composante Air. Après quarante ans de service, ils effectuaient ce 21 juillet 2018 leur ultime prestation officielle en tant que porte-étendard. En voici quelques photos prises avant leur vol retour vers Cazaux. Une page se tourne.

Alpha Jet 1B au parking de Beauvechain Alpha Jet 1B au parking de Beauvechain Alpha Jet 1B au parking de Beauvechain
Alpha Jet 1B au parking de Beauvechain Alpha Jet 1B au parking de Beauvechain Alpha Jet 1B au parking de Beauvechain

Tous nos remerciements à COA IPR, au major aviateur Vandenhende ainsi qu'au personnel de la tour de Beauvechain pour les facilités accordées à la réalisation de ce reportage.


Texte et photos Vincent Pécriaux

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