AMB
samedi 29 avril 2017

Search And Rescue

Génèse

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la Belgique s'engage en signant la Convention de Chicago du 7 décembre 1944 relative à l'aviation civile internationale à porter assistance à tout appareil en détresse sur son territoire. Cet engagement se concrétise le 23 février 1948 par la création du Service de Sauvetage Air-Mer. Ce service dépend directement de la Force Aérienne et est constitué de deux vedettes rapides (V-01 et V-02) acquises auprès de la Royal Air Force et d'un troisième bateau plus petit (V-03). Opérant depuis Nieuport, le Service de Sauvetage Air-Mer assure des missions de sauvetage au large des côtes belges et veille à la sécurité des navires aux abords du champ de tir de Lombardsijde.

badge-navy-old.gif
sar-ins-40sqn-actu.gif

En mars 1958 est créé le Search and Rescue Centre, chargé de coordonner les opérations SAR. Toutefois, les capacités des trois vedettes sont insuffisantes pour leur permettre d'intervenir par mauvais temps. Cette constatation et les résultats positifs enregistrés par les trois Bristol Sycamore du Flight de Sauvetage de Kamina (Congo belge) incitent la Force Aérienne à se doter d'hélicoptères de sauvetage. C'est ainsi que voit le jour le 1er avril 1961 sur la base de Coxyde le Flight de Recherche et de Sauvetage (Flight SAR) alors qu'est dissous le Service de Sauvetage Air-Mer.

Sycamore à Kamina - Photo: Coll. V. Pécriaux
Vedette SAR de la FAéB - Photo: Yvan Prosman
S-58C - Photo: Coll V.Pirard

Le Flight aligne dans un premier temps cinq Sikorsky HSS-1 Seabat construits sous licence en France par Sud Aviation. Ils assurent l'alerte SAR de jour à 15 minutes. Deux de ces appareils sont alloués dès 1962 à la Force Navale et constituent le Flight Force Navale, spécialisé dans le dragage de mines en Mer du Nord. Bien qu'employés par les marins, leur entretien est toujours confié au Flight Maintenance de Coxyde.

18/07/1986, dernier vol de l' OT-ZKH - Photos: D. De Wispelaere
18/07/1986, dernier vol de l' OT-ZKH - Photos: D. De Wispelaere
18/07/1986, dernier vol de l' OT-ZKH - Photos: D. De Wispelaere

 En 1963, l'unité perçoit cinq "nouveaux" Sikorsky S-58C. Il s'agit en fait d'appareils rachetés à la Sabena et remilitarisés. L'arrivée de ces machines permet de créer une unité, le Flight Short Range Transport (Flight SRT) dont la mission principale est de fournir un appui logistique aux unités de missiles sol-air Nike stationnées en Allemagne. Deux autres Sikorsky viendront compléter le parc aérien en 1969.

Un an plus tard, la Force Navale remplace ses deux Siko par trois Alouette III qui, si elles conservent une capacité SAR réduite, sont avant tout utilisées comme appareils de liaison et d'appui logistique embarqués.

Alouette III de la la Force Navale - Photos: Daniel Brackx
Alouette III de la la Force Navale - M2 - Photos: Daniel Brackx
Alouette III de la la Force Navale - M3 - Photos: Daniel Brackx

En octobre 1974, les quatre Flight de Coxyde (SAR, SRT, Force Navale et Maintenance) sont regroupés au sein d'une nouvelle unité, la 40ème escadrille d'Hélicoptères.

En 1976, les Sikorsky, en service pour certains depuis presque quinze ans, doivent être remplacés. Le choix de la Force Aérienne se porte sur le Sea King Mk 48 dont cinq exemplaires sont commandés à la société Westland. Les nouveaux bimoteurs surclassent leurs prédécesseurs dans de nombreux domaines : leur système de navigation est plus précis, ils disposent d'un ILS qui leur permet d'opérer depuis des aérodromes civils, leur radar Doppler d'une portée de 50 nautiques les autorise à voler de nuit ou par visibilité réduite. Les Sea King sont en outre capables d'amerrir si nécessaire grâce à leur fuselage spécialement caréné et à un dispositif de ballons gonflables le long des atterrisseurs principaux.

La transition se fera progressivement puisque les Sikorsky continueront à être utilisés jusqu'en 1986, notamment pour assurer la transformation opérationnelle des équipages sur Sea King.

Organisation

Les missions de recherche et de sauvetage sont coordonnées au départ du Rescue Coordination Centre (RCC) de Zaventem. Ce centre compte deux Rescue Sub Centres, l'un à Coxyde, l'autre à Luxembourg et agit, le cas échéant, en collaboration avec les RCC des pays voisins.

La zone de responsabilité de la 40ème escadrille couvre le territoire national, le Luxembourg et une partie de la Mer du Nord. En alerte 24 heures sur 24, les Sea King peuvent décoller en 15 minutes, 25 de nuit. Mais les moyens déployés ne se limitent pas uniquement à ces appareils puisque le RCC peut, si besoin est, faire appel à un C-130H de la Force Aérienne ou à des A-109 de la Force Terrestre. Les Hercules peuvent également être équipés d'une chaîne SAR dans le cadre de missions à longue distance, comme ce fut le cas en septembre 2000 lors du déploiement de trois F-16 en Afrique du Sud.

C-130H
A-109 Medevac - Photo: Coll V.Pirard
A-109 Medevac - Photo: Coll V.Pirard

L'éventail des tâches confiées à la 40ème escadrille est des plus variés. Les accidents d'avion étant heureusement relativement rares, l'unité œuvre principalement au profit des populations civiles. Les cinq hélicoptères peuvent aussi bien assurer des missions de garde côtière et d'assistance aux navires en difficulté qu'évacuer des blessés, transporter des médicaments, rechercher des personnes disparues, etc.

Le Sea King, qui a subi récemment un programme de modernisation , a montré au fil des ans son extrême polyvalence et nombreux sont ceux qui peuvent louer les qualités de ce Saint Bernard des mers et témoigner du professionnalisme et du dévouement des équipages de Coxyde.

Sea King modernisé - RS 02 - Photo: D. De Wispelaere
Sea King modernisé - RS 02 - Photo: D. De Wispelaere
Seaking d'origine - RS 02 - Photos: D. De Wispelaere

Combat-SAR

Le concept C-SAR, dont on a pu apprécier la validité en Bosnie, connaît un important développement au sein de l'OTAN. Les Etats-Unis et la France, par exemple, disposent d'hélicoptères et de personnels spécialisés dans le sauvetage de pilotes abattus.

Même si elles ont participé à des missions de guerre ou de maintien de la paix (Bosnie, Kosovo) au cours de ces dernières années, les Forces armées belges ne disposent actuellement d'aucune capacité C-SAR. En effet, les Sea King et A-109 ne possèdent pas les équipements de protection et l'armement indispensables pour ce genre d'opération. Leur autonomie est en outre limitée compte tenu de leur absence de capacité de ravitaillement en vol. Ces options seront, on peut l'imaginer, disponibles sur les appareils qui les remplaceront. Entre-temps, les pilotes de la Force Aérienne et de la Force Terrestre suivent régulièrement des stages dans ce domaine et certains parachutistes suivent une formation de sauveteur parachutiste.


Texte : Vincent Pécriaux
Photos : Daniel De Wispelaere, Vincent Pécriaux, Coll V.Pirard, Daniel Brackx, Yvan Prosman
Note: Reproduction interdite sans l'accord préalable écrit de leurs auteurs respectifs