AMB
jeudi 30 mars 2017

Composante Air-Air

A sa création, en 1947, la Force Aérienne compte plusieurs wings de chasse. La crise du canal de Suez de 1956 incite l’Etat-Major à établir un dispositif d’alerte de jour. De semaine en semaine, les unités de chasse, composées d’abord de Meteor F.8 puis de Hunter, se relaient pour protéger l’espace aérien belge de toute intrusion.

Meteor EF 31
Meteor / Spitfire - Photo: Coll. Daniel De Wispelaere
CF-100 - Photo: Coll. Daniel De Wispelaere

Comme leur équipement et leurs performances limitent sensiblement leurs capacités d’interception, il faut attendre 1958 et l’arrivée du CF-100 Canuck au 1er Wing de Chasse de Beauvechain (redésigné Wing de Chasse Tout Temps) pour que soit assurée 24 heures sur 24 une alerte à 15 et 30 minutes. Mais c’est surtout l’acquisition du F-104G Starfighter qui permettra à la Force Aérienne d’assumer pleinement les missions de défense aérienne qui lui sont assignées dans le cadre du concept de Quick Reaction Alert.

F-104G / FX 02 - Photo: Coll. Daniel De Wispelaere
F-104G - Photo: Coll. Daniel De Wispelaere
F-104G / FX 40 - Photo: Coll. Daniel De Wispelaere

Dès 1964, Beauvechain maintient en alerte permanente un appareil à 15 minutes et un second à 30 minutes. Dans l’attente du Sidewinder, les deux Starfighter sont armés de roquettes GAR-8 et de 750 obus de 20 mm. Ce dispositif sera modifié en 1967 et se composera désormais de quatre F-104 à 15 minutes. En 1980, l’alerte est reprise par deux F-16, à 10 minutes, suivis le cas échéant par deux autres appareils à 1 heure.

F-16 / QRA en 1988 - Photo: V. Pécriaux
F-16 / QRA en 1997 - Photo: V. Pécriaux
F-16 / QRA en 1999 - Photo: V. Pécriaux

Aujourd’hui, le QRA est assuré par les F-16 de Florennes et de Kleine Brogel. A tour de rôle, les deux bases maintiennent prêts au décollage, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, deux de leurs chasseurs, armés de 515 obus de 20 mm et de missiles AIM-9 Sidewinder et AIM-120 AMRAAM. Si une alerte est déclenchée, moins de dix minutes leurs suffisent pour prendre l’air. Les deux F-16 entrent alors en contact avec le CRC Glons qui les guide vers l’intrus. Après identification, ils peuvent forcer celui-ci à les suivre et à se poser ou, s’il s’agit d’un appareil hostile, l’engager en combat.

F-16A - FA 123 - Photo: Daniel De Wispelaere
F-16 - Photo:  via Maj Avi e.r. B. GILLART
F-16 / FA 46 - Photo: V. Pécriaux

En temps de paix, les alertes consistent principalement en des vols d’entraînement. Parfois, la station radar détecte un appareil pour lequel elle ne dispose d’aucun plan de vol ou dont la route diffère du plan de vol déposé. Il arrive également que les F-16 interceptent un avion en difficulté.

F-16 / QRA en 2004 - Photo: V. Pécriaux
F-16 / QRA en 2007 - Photo: V. Pécriaux
F-16 / QRA en 2007 - Photo: V. Pécriaux

Ces alertes, si elles ne sont pratiquement jamais réelles, sont néanmoins traitées avec le plus grand sérieux. En effet, la sauvegarde de l’intégrité de son espace aérien reste pour l’Alliance atlantique un aspect essentiel de sa politique de défense et seule une vigilance de tous les instants est à même de la garantir.


Texte : Vincent Pécriaux
Photos : Daniel De Wispelaere et Vincent Pécriaux
Note: Reproduction interdite sans l'accord préalable écrit de leurs auteurs respectifs