AMB
vendredi 23 juin 2017

DATF

En marge des obligations qu’ils remplissent au sein de l’OTAN, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas ont signé le 25 septembre 1996 à Bergen en Norvège un accord de coopération instaurant la Deployable Air Task Force. Aux termes de cet accord, les trois pays s’engagent à mettre en commun leurs moyens respectifs dans le cadre de déploiements ou d’exercices comme Red Flag.

Le centre nerveux du DATF est constitué par une cellule de planification composée de quatre personnes. Cette cellule est commandée alternativement par un officier néerlandais à Bruxelles ou par un officier belge à La Haye.

L’accord a pour principal objectif de partager les frais et d’utiliser les moyens communs à la Force Aérienne belge et à la Koninklijke Luchtmacht. Ainsi, il permet notamment à la FAé de bénéficier de l’appui des ravitailleurs, des hélicoptères et des batteries de défense aérienne de missiles Patriot ou Hawk néerlandais et de mettre au service de la KLu les C-130H de Melsbroek. Le Luxembourg, bien que n’ayant pas de force aérienne, peut, le cas échéant, engager une unité au sol de protection des installations.

La mise en commun s’opère non seulement au niveau des moyens aériens mais également des spécialisations techniques. La standardisation des matériels (les deux forces aériennes sont équipées de F-16) permet facilement aux techniciens de travailler indifféremment sur les avions des deux pays. Seuls quelques domaines font exception à la règle. C’est notamment le cas des systèmes de CME. Les Néerlandais sont équipés du système américain AN/ALR-69 alors que les appareils belges utilisent le système CARAPACE. Les autres fonctions, transport routier, personnel, logistique, armement, etc. sont exécutées en commun sous le couvert de la DATF.

Moins d’un mois après la signature de l’accord DATF, celui-ci entrait déjà en vigueur. En effet, dès le début du mois d’octobre 1996, le gouvernement belge s’est prononcé en faveur de l’envoi d’un détachement comprenant quatre F-16 sur la base italienne de Villafranca. Ce premier détachement est arrivé sur place le 18 et quatre jours plus tard menait déjà ses premières missions opérationnelles au-dessus de la Bosnie. La coopération se poursuit encore actuellement puisque depuis la fermeture de Villafranca, Néerlandais et Belges alignent en permanence des appareils sur la base d’Amendola.

La DATF n’est encore qu’un embryon de défense européenne mais suscite déjà de l’intérêt de la part de plusieurs pays qui pourraient y adhérer à plus ou moins long terme.

DATF Belgo-portuguaise

Le 7 juillet 1999, le Lieutenant-Général aviateur G. VANHECKE, chef d'Etat-Major de la Force Aérienne, et son homologue portugais, le Général AVARENGA, ont signé un accord de coopération DATF. Ce type de coopération permet à de petites forces aériennes de prendre part de manière autonome à des opérations de grande envergure, comme ce fut le cas lors de la crise du Kosovo, et d'intervenir rapidement pour prévenir des situations de crise. Le déploiement de la DATF belgo-portugaise pourrait s'inscrire dans le cadre d'exercices ou de missions de maintien de la paix sous mandat de l'OTAN, de l'UEO ou de l'ONU.

Les termes de l'accord prévoient l'échange de personnels et de services entre les forces aériennes des deux Etats. Un premier pilote portugais est arrivé à l'OCU de Kleine Brogel tandis qu'un pilote belge de Florennes partait à Monte Real en tant qu'instructeur F-16. Il est également prévu que des pilotes portugais effectuent leur conversion sur F-16 en Belgique. En contrepartie, la Force Aérienne disposera d'infrastructures et de zones d'exercice pour effectuer, sous des cieux plus cléments, des opérations impossibles à mener en Belgique telles que le tir air-air ou le tir air-sol avec des munitions réelles. Le fait que la Force Aérienne et la Força Aérea Portuguesa alignent des types d'appareils similaires (F-16, Alpha Jet, C-130H) constitue également un avantage appréciable dans ce genre d'accord de coopération.


Texte : Vincent Pécriaux
Photos : Daniel De Wispelaere et Vincent Pécriaux
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