AMB
vendredi 23 juin 2017

Modernisation - MirSip

En 1988, la Belgique signait avec la SABCA (et avec l’autorisation de Dassault) un programme de modernisation de la flotte de Mirage 5 destiné à prolonger la vie active des appareils (jusqu’en 2005 - 2010) et leur apporter une certaine compatibilité avec les F-16. Ce programme fût baptisé MirSIP pour Mirage Safety Improvement Program.

 Au début des années 80, une première modification avait déjà été apportée aux Mirage 5 par le placement d’un système de contre-mesures électroniques (ECM) Rapport II produit par la firme Loral, comprenant un détecteur et associé à un lance-leurres thermiques (flares) et à un brouilleur de radar. Le programme de modernisation MirSIP des Mirage 5 est attribué à la SABCA qui travaillera en étroite collaboration avec Dassault Aviation. Il est axé principalement sur la sécurité de l'avion et sur d'autres modifications, notamment:

  • Le remplacement du siège éjectable Martin-Baker Mk 4 (0-90 nœuds) par un siège Mk 10 (zéro-zéro) nettement plus performant. Cette modification a été exécutée en 1989.
  • l' installation de feux anti-collision et du système de détection incendie du F-16
  • Le montage de plans "canard" placés à hauteur des entrées d'air. Ces plans sont destinés à accroître la contrôlabilité et la stabilité de l'appareil. Ils entraînent également une nette diminution des vitesses critiques, de la vitesse de décrochage et contribuent à réduire de 40% la fatigue du métal qui touche la poutre centrale des ailes.

- L' installation d'un système de navigation, de tir et de reconnaissance très moderne comprenant:

  • Un télémètre laser, installé sous le nez de l'avion
  • La plateforme de navigation inertielle du F-16
  • un calculateur de navigation et d'attaque, muni d'un écran cathodique
  • Un HUD (Head Up Display, Afficheur Tête Haute) équipé d'une caméra couleur et d'un magétoscope
  • Une unité de contrôle pour la gestion du stock d'armes
  • Un radioaltimètre et un HDD (Head Down Display)
Le prototype MirSiP
Le MirSip BA 62

Les budgets de la défense alloués au programme MirSIP ne permettent cependant que la modernisation d’une seule escadrille (la 42ème), soit 20 avions, répartis entre 15 Mirage 5 BA et 5 Mirage 5 BD. Après avoir été stockés un moment à Koksijde, Les premiers Mirages 5 rejoignent la SABCA à Gosselies, et le premier appareil modifié (le BA 60) sert de modèle pour le reste de la série. La livraison du premier Mirage modernisé intervient en 1993 lors du salon du Bourget. Cependant, suite a la chute du mur de Berlin, à la dissolution du Pacte de Varsovie, à la réorganisation de l’armée et à la réduction (chronique) des budgets de la défense, le ministre de la défense de l’époque, Léo Delcroix, décida de retirer les derniers Mirage du service opérationnel fin 1993 et de ne pas réceptionner les Mirage 5 modernisés.

Le programme MirSIP était cependant trop avancé et l’arrêter aurait coûté aussi cher que de le continuer, en cause, une clause avec la SABCA lui octroyant des indemnités par la défense nationale en cas de rupture de contrat. La modernisation des avions se poursuivit donc normalement et les avions furent mis sous cocon, chauffés et ventilés pour les préserver, et stockés sur les aérodromes de Weelde et de Koksijde, en attendant un acheteur éventuel.

Le prototype du MirSip
Le prototype du MirSip
Les MirSip sous cocon à Coxyde

En 1994, les 20  Mirage modernisés seront vendus (avec quelques Mirage 5 BD et BA non modernisés) à la SABCA qui les revendra ensuite au Chili pour un montant de 109 millions de dollars.


Texte : Vincent Pécriaux
Photos : Daniel De Wispelaere, Vincent Pécriaux, Wings
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